Api-Niokolo : l’apiculture durable au service de la biodiversité et des communautés au Sénégal


Api-Niokolo : l’apiculture durable au service de la biodiversité et des communautés au Sénégal
1024 768 Sacha Zdanov
Protéger un écosystème fragile en créant de la valeur locale

À la périphérie du Parc national du Niokolo-Koba (PNNK), écosystème exceptionnel mais fragile classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le projet Api-Niokolo démontre qu’il est possible de concilier préservation de la nature et développement économique local.

Soutenu par la Fondation depuis 2023, le projet s’inscrit dans le programme quinquennal 2022–2026 de la coopération belge dédié aux systèmes alimentaires durables. Son ambition est claire : réduire la pression sur les ressources naturelles du parc en développant des activités génératrices de revenus pensées pour durer.

Dans cette région, la récolte traditionnelle de miel sauvage peut entraîner des feux de brousse et fragiliser les écosystèmes. En structurant une filière apicole moderne, Api-Niokolo propose une alternative concrète, respectueuse de l’environnement et économiquement viable pour les villages riverains.

Des avancées concrètes sur le terrain

Après une première phase consacrée à la mise en place des infrastructures, l’année 2025 a marqué une étape importante de consolidation. Deux ruchers-écoles et deux mielleries sont aujourd’hui opérationnels à Linkéring (Kalifourou) et à Niéméniké. Au total, 158 ruches ont été installées et 457 litres de miel ont été récoltés en 2025.

Au-delà des chiffres, c’est une dynamique locale qui s’affirme : la qualité du miel progresse, les pratiques s’améliorent et les pertes de colonies diminuent grâce à un accompagnement technique régulier. Les formations en apiculture moderne, mais aussi en menuiserie pour la fabrication et la réparation des ruches, renforcent l’autonomie des apiculteurs et des jeunes formés.

Les échanges entre villages favorisent le partage d’expériences et la montée en compétence collective. L’intérêt des jeunes est fort et l’implication des femmes progresse, notamment dans les fonctions organisationnelles et administratives, contribuant à structurer durablement la filière.

Les inventaires mellifères réalisés autour du parc ont mis en évidence une richesse remarquable, avec près de 100 essences végétales identifiées. Ce potentiel constitue un socle solide pour le développement d’une apiculture de qualité.

Parallèlement, la diminution des feux liés à la récolte traditionnelle témoigne d’un impact environnemental déjà perceptible. Api-Niokolo participe ainsi à renforcer le lien positif entre activités humaines et conservation de la biodiversité.

Une nouvelle phase ambitieuse : Api-Niokolo II

Fort des acquis des premières années, le projet entre dans une nouvelle phase (2026–2028) visant à élargir cette dynamique à d’autres communes riveraines du parc. L’objectif est de consolider la gouvernance des groupements d’apiculteurs, de développer des actions d’éducation environnementale auprès des écoles et des communautés locales, et de renforcer la cohésion sociale autour d’une filière durable et équitable.

Cette phase prévoit également la création de la Niokolo-Base, un outil documentaire innovant destiné à centraliser, archiver et diffuser durablement les connaissances scientifiques, techniques et pédagogiques relatives au parc. La capitalisation des savoirs devient ainsi un levier stratégique pour orienter les futures actions de conservation.

Pensé comme une initiative pérenne, Api-Niokolo vise à faire du miel une véritable valeur ajoutée pour la région, au service de la biodiversité et du développement local.

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